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Souvenirs de Palestine : Un désert de misère

L’an dernier, les jeunes de l’OMJT se sont rendus en Palestine dans le but de mieux comprendre le conflit israélo-palestinien et de s’investir dans des actions humanitaires. Dans le cadre de ce voyage, les jeunes ont pu partager leurs impressions sur la situation du « pays ». C’est le cas de Nadir, qui nous confie son ressenti.

Témoignage de Nadir Machroub

Une ville désertée. Quelques marchands mais très peu d’habitants pour une ville quia abrité, quelques années avant, près de 60 000 habitants pour 300 aujourd’hui. (L’auteur parle du quartier du vieux Hébron, à Hébron en Cisjordanie, NDLR).

A notre arrivée, je me souviens avoir vu plusieurs enfants rentrer de l’école. Les ruelles étaient pleines de pavés. Comme pour toutes les autres villes palestiniennes, Hébron est une prison à ciel ouvert. Les barreaux se dessinent au niveau des collines, là où les colonies israéliennes font le guet. Les habitants, complètement dépourvus de moyens, recouvrent le toit de leur maison, avec des grilles. La raison de cette précaution ? Les déchets (comme de vieux frigos ou encore des machines à laver), lancés par les Israéliens et faisant office de projectiles…

Le vieux Hébron possède une école primaire avec un ludo-park. Offert par les Allemands, ce lieu est, sans doute, l’un des plus sûrs de la ville : ni l’armée israélienne, ni les forces palestiniennes peuvent y pénétrer.

Je me rappelle avoir fait la rencontre d’un jeune Palestinien, qui nous a fait entrer dans son domicile. Limitrophe avec la colonie, il nous a raconté le quotidien de ces jeunes, qui pour aller à l’école, devaient prendre un chemin qui leur faisait escalader des murs et marcher pendant des heures, alors que l’école n’était qu’à cinq minutes de chez eux. Pendant cette visite, mes camarades de séjour et moi, nous sommes aperçus, que toutes les citernes (réservoir d’eau de pluie, NDLR) étaient percées. Selon le Palestinien, les colons Israéliens se seraient amusés à tirer dessus, afin de les priver d’eau, l’eau qu’ils payent et donc leur appartient de droit. D’après les récits qui nous ont été racontés, les agressions sont récurrentes : elles ont lieu toutes les deux semaines, lorsque les Israéliens descendent de leur collines. Leur venue serait toujours synonyme de destruction et de barbarie. Au-delà des pillages, un homme aurait été assassiné par étouffement et une femme qui était sur le point d’accoucher, se serait vu empêcher d’aller à l’hôpital… Son enfant n’aurait d’ailleurs pas vu le jour. Des centaines de milliers d’euros auraient été proposés, à un père de famille, pour qu’il cède sa maison aux colons, mais ce dernier aurait refusé. On aurait alors demandé à l’enfant de ce dernier, s’il voulait partir de chez lui. L’enfant aurait répondu “oui”.  Lorsqu’on lui a demandé si à la place de son père, il aurait vendu la maison, l’enfant a répondu que “non” car “ j’ai foi en Dieu”. Ce fut le moment du voyage qui m’a le plus marqué. Je ne pourrais jamais me mettre à leur place, ce qu’ils vivent est trop dur. Quand je repense à cette histoire, je ressens une profonde tristesse, mais aussi beaucoup de courage. Rares sont les personnes qui auraient prit de telles décisions, et qui auraient réussi à le raconter.

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