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Souvenirs de Palestine : Langage universel

Lors de son voyage en Palestine, Louis a fait de superbes rencontres. Passionné de guitare, il s’est lié d’amitié avec un musicien Palestinien, qui ne parlait ni le français, ni l’anglais. Découvrez « Langage Universel », le témoignage qui déconstruit la barrière de la langue.

Témoignage de Louis

Arrivé bien tard, le soir, à l’hôtel Everest, qui surplombe la ville de Beit-Jala*, je m’en vais saluer l’intendant, George, qui ne dort jamais, et qui doit comptabiliser autant de nuits réparatrices que de cheveux sur son crâne, étant chauve je vous laisse imaginer…

Me sachant musicien, il m’explique que son frère Wesam, est présent et que c’est un excellent joueur de Darbuka*. Je m’en vais donc à sa rencontre, ne sachant pas parler arabe, lui ne maîtrisant pas l’anglais. Les présentations furent courtes et s’arrêtèrent aux prénoms, la musique, quant à elle, n’aura jamais de fin.

A peine 1 minute après avoir fait connaissance, nous avons sorti nos instruments : lui, sa Darbuka, moi ma guitare. Nous ne nous sommes plus arrêtés. Je ne connaissais, et ne connaît toujours pas, son âge, sa profession, sa vie en somme ! Je ne pouvais même pas avec une conversation avec lui ! Mais à ce moment-là, hors du temps, la seule chose qui comptait était la musique, l’instant présent, nous n’étions plus deux étrangers l’un pour l’autre, c’était comme si on avait joué toute notre vie ensemble, il suivait mes accords, je suivais son rythme, une simple conversation sur un autre plan que la parole.

Après trois heures de jam improvisé sur la terrasse de l’hôtel, au pied d’une tour de contrôle Israélienne, la fatigue me prit, mais j’avais encore un peu de lucidité pour lui demander de venir nous accompagner pendant notre concert du lendemain au Taboo Bar, dans le cadre du Festival de la Paix de Beit-Jala.

L’accueil au Taboo bar était très chaleureux, la scène était disposé au bout d’une magnifique petite cours en pierre, avec des lumières et un test son très professionnel qui ferait pâlir certaines salles françaises ! Wesam arriva pour le deuxième set, et le mélange des musiques occidentales sur une percussion orientale fonctionna à merveille : Bruno Mars, Earth Wind and Fire, même nos propres compositions, tout fonctionna en parfaite harmonie. Au fur et à mesure que le concert avançait, de plus en plus de monde rencontré pendant notre voyage arrivait : les membres du club orthodoxes, les élu de Beit-Jala (dont le maire), George, les habitants de la ville… Un cercle de danse se forma et là encore, le mélange des danses, des cultures ne faisaient qu’un.

Le concert s’acheva sur le fameux « September », en espérant revenir l’année prochaine. Les frontières sont un des enjeux majeur du conflit. La musique n’en a pas encore. A nous de continuer de jouer, pour espérer des jours meilleurs.

*Beit-Jala est une ville chrétienne de Cisjordanie sous l’autorité Palestinienne. Elle est située entre Bethléem, le sud de Jérusalem et Beit Sahour. *Instrument de percussion répandu dans toute l’Afrique du Nord, le Moyen-Orient et chez les Balkans.

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