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Souvenirs de Palestine : « Déjà-vu »

Alors qu’elle poursuit sa visite dans le Musée de Yasser Arafat, à Ramallah, Inès a une étrange sensation de « déjà-vu »…

Témoignage d’Inès

Lors de notre visite à Ramallah, le 14 septembre dernier, j’ai pu me rendre au Musée de Yasser Arafat. Lorsque je suis arrivée devant l’entrée du musée, j’ai été ébahie par la beauté des lieux. Le musée était rempli de verdure. Il y avait même une piscine. Le tombeau de Yasser Arafat était littéralement sur l’eau. Selon le personnel du musée, le dernier souhait de Yasser Arafat était d’être enterré à Jérusalem. Le peuple palestinien espère un jour pouvoir exaucer cette volonté.

Une fois à l’intérieur du musée, je me suis dirigée dans une salle où l’on pouvait voir, sur une tablette, la carte de l’état palestinien et l’évolution de chaque ville du territoire au cours du temps. Ensuite, non loin de l’accueil du musée, je me suis dirigée vers un couloir sombre et étroit. Le sourire qui était jusqu’à présent sur mon visage se dissipa. Des poèmes et témoignages vidéos étaient exposés sur les murs du couloir. Ces derniers retraçaient les étapes historiques du combat de Yasser Arafat, sa lutte contre l’oppression israélienne, et ses actions pour récupérer la capitale, Jérusalem. Au fur et à mesure que j’avance, j’ai un étrange sentiment de déjà-vu. J’ai l’impression d’être au Mémorial de la Shoah (que j’ai pu visiter, dans le cadre d’un voyage d’étude sur la Seconde Guerre mondiale, en février 2018). A travers les couleurs sombres, le faible éclairage, les textes et les témoignages, j’y lis la même histoire . Un peu plus loin, un autre détail renforce cette impression : le musée possède une salle représentant le bureau de Yasser Arafat à Ramallah. C’est un peu comme à Berlin, avec le bureau des Nazis à Cracovie. Je me tourne alors vers Mandana incrédule, et je me rends compte, qu’elle aussi partage mon opinion. Je me demande alors si le musée a été conçu de manière à mettre en parallèle ces deux génocides. A la fin de la visite, je me dirige vers un des poèmes qui était affiché au mur. Il s’agissait du poème “Etat de siège”, écrit par le Palestinien, Mahmoud Darwich. Dans ce texte, le poète s’adresse à un soldat juif pour dire :

« [A un tueur] Si tu avais contemplé le visage de la victime

Et réfléchi, tu te serais souvenu de ta mère dans la chambre

A gaz, tu te serais libéré de la raison du fusil

Et tu aurais changé d’avis : ce n’est pas ainsi qu’on retrouve une identité.  »

Poème « Etat de siège » par Mahmoud Darwish, janvier 2002

Ce poème accentue les similitudes entre le peuple juif sous l’Allemagne nazie, et le peuple palestinien sous l’oppression israélienne. Si deux peuples ont vécu les mêmes souffrances, pourquoi doivent-ils se faire la guerre ?

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