Semaine multimédia : A la découverte du Trésor de Toutankhâmon

Pour leur dernier jour de stage multimédia, Sana, Léa, Myriam, Nassima, Fatih, et Haron se sont rendus à l’exposition Toutankhâmon, à la Grande Halle de la Villette. L’objectif ? Clôturer cette semaine intensive en détente. Myriam Rerari, notre rédactrice en herbe, revient sur cette journée riche en apprentissage. Récit.

Par Myriam Rerari

Inconnu de tous – avant la découverte de son tombeau et de son trésor en 1922 – Toutankhâmon est aujourd’hui le pharaon le plus célèbre de l’histoire égyptienne. L’influence du personnage est telle, qu’il en inspire des célébrités de la pop culture comme Beyoncé, Madonna, ou encore Steve Martin. Une des raisons qui nous a poussées à découvrir son exposition, à la Grande Halle de La Villette.

La triste vie d’un enfant roi

Photo prise lors de l’exposition

Dès l’entrée dans l’exposition, mes camarades et moi avons pu ressentir l’excitation et la curiosité qui animaient les visiteurs pour le pharaon. La foule se précipitait derrière les vitres, afin d’admirer les trésors cachés du tombeau. L’engouement était tel qu’il était par moment difficile, pour nous, d’apprécier chaque objet.

L’une des choses qui nous a le plus marqué, au début de la visite, c’est d’apprendre que Toutankhâmon – né en 1345 avant JC – est le fruit d’une union incestueuse. En effet, à côté des oeuvres exposées, était indiqué qu’un test ADN avait révélé qu’il était le fils du roi Akhénaton (10ème pharaon de la XVIIIe dynastie égyptienne, NDLR). Quant à l’identité de la mère de Toutankhâmon, il n’y a aucune certitude, mais il semblerait qu’il s’agisse d’une sœur d’Akhénaton.

Nous étions aussi surpris d’apprendre que Toutankhâmon était âgé de seulement 9 ans lorsqu’il est devenu pharaon. La voix off de l’exposition, expliquait, qu’il existe, aujourd’hui, très peu de traces de son règne. Il faut dire que ses successeurs ont veillé à l’effacer de l’histoire égyptienne en effaçant ou en remplaçant son prénom par le leur, dans les différents monuments et reliques. Nous avons toutefois retenu qu’il a vécu dans l’opulence. En effet, une partie du trésor exposé dans le musée était des offrandes (meubles, armes, accessoires, bijoux, etc.) spécialement conçues lors de son couronnement.

Toutankhâmon disposait d’un pouvoir comparable à celui d’un Dieu. Cette puissance s’illustrait par le port d’une crosse et un fléau en or à l’instar du grand Dieu Egyptien, Osiris. Mais aussi parce que chaque pharaon était considéré, par les Egyptiens, comme un messager des Dieux.  

Bien qu’il était difficile de circuler dans les allées, nous avons pu apprécier tout au long de notre parcours une douce mélodie qui rendait l’atmosphère sereine.

Lorsque nous avons fait le tour de la vitrine qui exposait le lit funéraire en bois doré du pharaon, nous avons lu dans un écriteau, que le jeune pharaon est mort à l’âge de 19 ans et que son corps a été inhumé dans la Vallée des Rois (région située sur la rive occidentale du Nil – à la hauteur de Louxor – aujourd’hui connue pour abriter les tombes des différents pharaons Egyptiens, NDLR).

Des inscriptions expliquaient que les circonstances de sa mort restent, encore aujourd’hui, inexactes. En effet, l’étude du corps a révélé qu’au cours de sa vie, le pharaon a été touché par un nombre de maladies qui auraient pu engendrer sa mort. Ma camarade Sana aurait vu qu’il avait été atteint par le paludisme.

La radiographie faite sur le crâne de l’enfant-roi, démontre quant à elle, que sa tête a été perforé par un objet. Ce qui a d’abord fait penser aux chercheurs et aux journaux de l’époque, que Toutankhâmon a été assassiné. Cette théorie a par la suite été démentie : d’après les analyses médicales, le coup aurait été porté par un objet, bien après son décès.

Un voyage vers l’au-delà

Photo prise lors de l’exposition

Arrivés devant le sarcophage de Toutankhamon, il était compliqué, pour nous, d’apercevoir le pharaon. Les visiteurs étaient nombreux, chacun voulait prendre sa photo avec le célèbre pharaon. Pour apprécier la vue, il a fallu être patient et attendre que la foule se disperse, afin d’essayer de se faire une place devant l’impressionnante sépulture.

Il faut savoir, qu’à l’époque, la pensée des Egyptiens était fondée sur l’existence d’une vie après la mort. Ainsi, la tombe du défunt faisait l’objet d’une préparation toute particulière qui facilitait sa venue dans l’au-delà. Nous avons pu lire que chaque défunt devait passer par les 12 portes de l’enfer. Pour cela, il devait prononcer haut et fort le nom des gardiens des portes, afin de contrôler les démons surnaturels. 

Afin de combattre les démons du monde des morts, tout souverain qui se respecte devait être convenablement partir équipé ! A ce sujet, nous avons constaté que le tombeau comprenait des épées, arcs, flèches et autres boomerangs. Au-delà de tout cet armement de défense, l’exposition révéla que le tombeau de Toutankhâmon renfermait une quantité de mets afin de nourrir le Ka et le Ba du roi. Ma camarade Léa, a pu voir la signification de ces deux termes propres à l’Egypte Antique : le Ka désigne l’énergie vitale du roi, et le Ba se traduit par l’âme. Des malles de vêtements, de bijoux et d’accessoires faisaient également parties du voyage. Les Egyptiens ne pouvaient pas prendre le risque que leur roi manque de quelque chose… Cela pourrait avoir de lourdes conséquences dans son passage dans l’au-delà et qui sait, lancer une malédiction…

A la fin de l’exposition, on a pu voir une immense fresque chronologique. Cette dernière illustrait la découverte du tombeau par l’archéologue et égyptologue britannique, Howard Carter et les moments marquants de la vie de ce dernier.

La dernière pièce de l’exposition plongea l’ensemble des visiteurs dans l’obscurité, afin d’attirer l’attention sur la vidéo projetée sur le mur. Il s’agissait d’une simulation de la découverte du tombeau par Howard Carter. L’écran représentait un long escalier, nous avions réellement l’impression de descendre les marches avec Carter. Au bout de ses escaliers, on pouvait entrevoir le tombeau de Toutankhâmon. L’un de mes camarades m’a confié avoir l’impression d’être dans la Vallée des Rois.

Avant de terminer l’exposition, une extraordinaire statue surélevée de Toutankhamon nous a fait face, comme pour nous dire au revoir. 

Photo prise lors de l’exposition

L’intégralité du contenu du tombeau de Toutankhâmon sera exposé au Grand Musée égyptien qui ouvrira ses portes à Gizeh (Egypte) en 2020. Il abritera le plus grand musée du monde consacré à une seule civilisation.

«Nous avons enfin fait une merveilleuse découverte. Un splendide tombeau scellé encore intact. Il a été recouvert avant votre arrivée. Félicitations.»

(Télégramme de Howard Carter à Lord Carnavon, le 5 novembre 1922.)

Qui est Howard Carter ?

CC : National Photo Company Collection (Library of Congress) / Wikipedia

Le 4 novembre 1922, Howard Carter, archéologue britannique spécialisé dans l’Egypte Antique, découvre la sépulture de Toutankhâmon.

A l’âge de 17 ans, il quitte l’Angleterre et se rend en Egypte pour devenir artiste à l’Egypt Exploration Fund (Société d’Exploration de l’Egypte, en français. Il s’agit d’une société spécialisée en mission archéologiques en Egypte et au Soudan, NDLR). Son travail consiste principalement à copier les inscriptions gravées dans le tombeau de la reine-pharaon Hatchepsout. Par la suite, Howard sera nommé inspecteur général des monuments de la Haute-Egypte. Il finira par démissionner après à un incident survenu à l’entrée des pyramides.

CC : Lucas / Flickr

Lord Carnarvon, égyptologue britannique et confrère de Howard Carter, obtiendra un permis de fouilles dans la Vallée des Rois. Cette dernière est ainsi fouillée durant des années sans aucune trace du tombeau. Lord Carnarvon décide tout de même de laisser une dernière chance à Howard Carter et finance une dernière saison de recherches en 1922. Pari réussi, puisque le 4 novembre, Howard Carter trouve le fameux tombeau.

Pour en savoir plus sur l’Exposition Toutânkhamon :

 Lis la BD d’Haron Moussaoui : « Semaine multimédia : Toutâkamon, vu par Haron Moussaoui »
– Ecoutes notre podcast : « Semaine multimédia : Dans les coulisses de l’exposition Thoutânkamon !
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